Après Les Monologues du Vagin, la nouvelle oeuvre d’Eve Ensler

I am an emotional creature cover

On reproche aux filles d’être trop émotives. On leur apprend à camoufler leurs sentiments derrière d’épaisses couches de vernis ou à déprécier leurs corps, alors qu’elles sont en pleine croissance.

14 ans après avoir écrit Les Monologues du Vagin, la militante féministe américaine, Eve Ensler, revient avec une œuvre destinée aux Hommes (avec un grand « H ») en général et aux adolescentes en particulier. I Am an Emotional Creature promet d’être le nouveau phénomène littéraire à mettre entre toutes les mains.

 I am an Emotional Creature, sorti le 9 février dernier aux Etats-Unis, est une série de monologues sur la période charnière qu’est l’adolescence pour les jeunes femmes. Basé sur ses observations, la dramaturge reprend la plume pour offrir une voix à ces filles rencontrées à travers le monde et dont le silence est (étrangement) le point commun. Eve Ensler a choisi de donner la parole aux filles qui seront les femmes de demain et qui vivent déjà les violences (physiques, sociales ou morales) au quotidien.

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Quelques chiffres :

  • En Inde, la naissance d’une fille est considérée comme une malédiction. Selon le recensement effectué en 2001, il manquait 36 millions de femmes tuées à la naissance ou ayant été laissé pour mortes en bas âge). 
  • ·      L’OMS affirme qu’entre 100 et 140 millions de filles et de femmes vivent avec les séquelles de mutilations sexuelles dans le mode. L’organisme estime qu’en Afrique, « 92 millions de femmes et de jeunes filles ont subi, parfois dès l’âge de 10 ans, des mutilations sexuelles. »
  • ·      En 2009 en RDC, 8000 cas de viols rapportés

En 1996, Eve Ensler lançait à la face du monde une œuvre qui allait devenir un plaidoyer pour le droit de la femme : Les Monologues du Vagin. Le vagin devenait alors le prétexte pour décortiquer notre intimité au plus juste, en évitant toutes formes de voyeurisme. Les thèmes de la sexualité, du viol, des menstruations, le rapport des femmes à leurs corps révélaient à la fois la douceur et la violence dont nous pouvons être les victimes. Objectif majeur : stopper les violences perpétrées envers les femmes, ou en tout cas en faire prendre conscience. Dans ce contexte, difficile de ne pas être touché et surtout concerné en lisant la pièce ou en y assistant (j’ai eu l’honneur de faire les deux). La pièce a été jouée dans plus de 130 pays et a permis de rapporter plus de 70 millions de dollars aux programmes antiviolence de son organisme V-Day, à travers le monde.

En France, le 25 novembre 2009, grâce au travail des associations, le Premier Ministre François Fillon annonçait officiellement la lutte contre les violences faites aux femmes grande cause nationale 2010. Selon les chiffres officiels, “en 2008, 156 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. Au total, 675.000 femmes ont été victimes de violences lors des deux dernières années, soit de leur compagnon, soit d’un autre membre de la famille.”