Tara Rose Gladstone écrit sa vie ligne par ligne

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En quatre ans, « j’ai aidé à écrire trois livres et demi » raconte l’entrepreneuse. S’il fallait lui accoler des étiquettes, on dirait que Tara est une communicante, un écrivain fantôme aussi. Écrivain fantôme comme le personnage principal de Ghost Writer de Roman Polanski. Elle écoute, puis tente de comprendre ceux qui lui livrent leurs vies afin de la raconter comme si c’étaient leurs mots. Mais ce n’est pas tout, à 30 ans, Tara Rose Gladstone réalise son rêve de petite fille : devenir comédienne.

Cette originaire de San Diego en Californie pose ses valises à Barcelone, il y a sept ans. Après l’obtention de ses diplômes universitaires en danse et en écriture, elle devient journaliste à New York pour Dance Magazine. Un peu plus tôt, elle s’est cassé les deux pieds, alors danser n’est plus envisageable. Rapidement, vivre comme auteure dans une ville aussi dure que New York, non plus. Elle n’en peut plus et retourne à la maison. En Californie, elle travaille dans un hôtel pour payer ses factures. Elle se sent complètement perdue. Des tonnes de questions viennent comme : que vais-je faire de ma vie ? Est-ce que je dois chercher un poste dans la Silicon Valley ? Quelles sont ses options ? Difficile à dire.

Au pied du mur, sa famille tente de la soutenir. « Mon père a vécu à Barcelone quand il avait 16 ans. Il m’a supplié d’y aller ». Il lui propose de l’aider à s’installer. Qu’a-t-elle à perdre ? Rien.

« Quitter les États-Unis est-ce qu’il pouvait m’arriver de mieux ». À Barcelone, Tara apprend l’espagnol, ce qui l’aide à comprendre l’état d’esprit et la culture de son pays d’accueil. Elle réalise aussi que vivre à l’étranger permet de grandir à vitesse grand V. « La rhétorique américaine nous fait croire que nous sommes le centre du monde. Ce n’est pas vrai. Il y a une différence entre être en vacances et poser ses valises quelque part. Les Espagnols mettent la communauté au centre de leur vie. Ils apprécient ses plaisirs. Ils vivent et ne font pas que travailler. » Elle a vingt-quatre ans à l’époque.

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Quand la propriétaire de son premier appartement de Barcelone lui demande son âge, elle est embarrassée. Aux États-Unis, elle devrait poser les premières briques de son futur empire. Travailler pour une multinationale. La réponse qu’elle reçoit change son point de vue : « Ohh ! Tu es un bébé, tu commences tout juste ta vie ». La pression tombe. Peut-être pas pour de bon, mais elle relativise. Tara accepte que prendre du temps pour souffler n’est pas un crime. Pour améliorer son espagnol et organiser ses journées, elle s’inscrit en master. Quelques mois plus tard, son diplôme en Relations Publiques obtenu, elle est à l’aise avec sa nouvelle langue, des idées plein la tête. Tara est prête à rentrer à la maison. Surprise. Elle reçoit un message sur LinkedIn qui changera son destin.

Tara Rose travaille plusieurs mois dans la communication. Elle réalise rapidement que ce n’est pas pour elle. Là-bas, elle a l’impression d’être un robot et a besoin de respirer, de créer. C’est terrifiant de tout lâcher, mais elle ressent le besoin de partir. Cette expérience lui rappelle sa jeunesse. Jusqu’à l’âge de neuf ans, elle se sent vivante. Créative. Authentique. Elle chante, écrit, danse. Ensuite, sa vie bascule du tout au tout quand ses parents se séparent. « Ma mère est devenue triste. Je le suis devenue aussi. L’ambiance était austère et vide à la maison. J’ai commencé à avoir peur, à me renfermer. » Elle ne souhaite revivre cela pour rien au monde. Une époque où l’approbation de ses camarades de classe lui est vitale, alors qu’à cet âge, rejeter l’autre est presque un sport dans la cour de récré. C’est à l’université que la danse lui permet de se trouver. Alors quelques années plus tard, alors qu’elle quitte cette agence de communication, elle se sent en phase avec ses envies. Elle est prête à reprendre les choses là où elles auraient dû commencer !

« À cette période de ma vie, partir est une question de vie ou de mort. Je ne pouvais pas vivre comme cela plus longtemps. Certes, je pouvais me payer des vacances de rêve, j’avais de superbes vêtements, mais je commençais à me sentir morte à l’intérieur. Tout ce que je faisais, c’était travailler, travailler et encore travailler. J’aime travailler, mais j’avais surtout besoin de croire au projet, » explique-t-elle avec le recul. Tara Rose est déterminée, peut-être pas à créer un empire, mais à vivre sa vie comme elle l’entend. « Mon père est entrepreneur ; ma mère est artiste. Ce sont des battants. Il y a des quantités de choses que je peux faire pour m’en sortir. Même s’il faut travailler dans un secteur qui ne me plaît pas particulièrement. » Elle s’en va. L’écriture lui permet de trouver l’équilibre et de se remettre en selle. Elle écrit alors son premier livre.

Tara Rose GladStone

 

Même si être auteure est gratifiant, elle passe de nombreuses heures seule. Tara commence à suivre des cours de théâtre. Quelque chose qu’elle a toujours souhaité faire. Elle prend cela très au sérieux. Se met à rechercher des écoles, et finit par en faire une activité à plein-temps, huit heures par jour. Parce qu’elle doit toujours payer ses factures, elle continue à éditer des contenus pour des auteurs et fait du social media marketing comme consultante. « Lorsque je joue la comédie, je me sens vivante. » Après trois ans de dévotion totale, elle a un agent, et vient de finir le film de deux jeunes réalisateurs, Anuar Dossybiev et Gabriel Rhabani, dont elle tient le rôle principal. C’est l’histoire de huit personnes qui se retrouvent dans un foyer d’accueil pour réfugiés en période de guerre. « On peut voir ce qu’il arrive à l’humanité lorsque l’on n’a plus aucune ressource. J’ai vécu une expérience sombre et profonde. Dans ma vie, je tente de fuir le sentiment d’inconfort. Aujourd’hui, je vois combien j’ai évolué en acceptant de vivre cette peine pour les besoins du film, » partage Tara. Pour incarner Grace, elle a écouté de la musique sombre et parfois passée des heures dans le hangar où le film est tourné. « J’ai été très loin dans la pénombre. Je suis toujours heureuse et optimiste, mais j’ai réalisé combien il est puissant d’accepter ces moments obscurs. Cet aspect de la vie peut aussi être beau, il est, en tout cas, nécessaire. Nous rejetons ces moments. Nous ne voulons pas les vivre, mais ils permettent d’apprécier toutes les belles choses qui nous sont offertes et les moments plus lumineux. ». Cette expérience l’aide à trouver l’équilibre et à réaliser la manière dont la fiction peut nous aider à trouver des vérités sur l’humanité », ajoute-t-elle. Pour son prochain projet, elle jouera une cocaïnomane. Pour trouver la personnalité et la complexité de son personnage, elle rédige sa biographie et tient un journal quotidien où la jeune femme qu’elle va jouer, partage ses sentiments avant et pendant le tournage. « C’était tellement drôle. Je la rends réelle. Je mets tout ce que j’ai dans ce personnage. J’aime être actrice ».

Après avoir utilisé son talent d’écriture comme écrivain fantôme, et maintenant jouer les histoires écrites par d’autres à l’écran, la prochaine étape serait d’écrire ses propres histoires pour les partager avec le monde. « Aujourd’hui, les histoires des autres m’aident à trouver des informations. J’apprécie cette expérience, mais c’est vrai que je serai encore plus courageuse le jour où je partagerai mes propres histoires. » Tout cela demande du courage et de la confiance en soi. Tara a tout ça. Elle est au début de son voyage et a déjà accompli tellement. Comme elle le dit, « Parfois, il faut s’évader pour savoir qui l’on est » et c’est la meilleure manière de conclure son histoire aujourd’hui, pendant que l’on patiente jusqu’au prochain chapitre. À oui, l’histoire ne dit pas qu’à Barcelone, elle a aussi trouvé l’amour. Happy End.

Pour en savoir plus sur Tara

Gladys
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lover & lifestyle blogger when I have some time

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